J’entretiens actuellement une correspondance mail plutôt soutenue avec trois messieurs. En ce moment, je suis un peu débordée dans ma vie professionnelle, aussi, une seule conversation soutenue aurait suffit à combler mes longues soirées d’hiver… Mais l’on ne choisit pas et je ne vais surtout pas me plaindre ! Après de long mois à entretenir des relations virtuelles pleine de vide avec des messieurs de tout horizon, je suis bien contente de pouvoir écrire des mails d’une page à des personnes que je trouve intéressantes, sympathiques et pour l’une d’entre elles… Sexy !
Alors, la rançon du succès fait que j’ai eu beaucoup de mal à répondre tous les jours à ces trois messieurs. Il y en a un parmi eux qui est moins accro aux longs mails et qui est beaucoup plus pour la proximité de la rencontre réelle plutôt que de l’illusion de proximité crée par les fantasmes développés lors d’une relation virtuelle trainant en longueur. Lorsque que nous avons convenu d’un rendez-vous par mail, j’ai un peu soufflé et suspendu mes envolées littéraires… Et samedi matin, je reçois une mail, le mail typique, le mail avec cette entrée en matière typique : « Ai-je dit quelque chose qu’il ne fallait pas, ou ne suis-je simplement plus d’actualité ? N’hésite pas à me l’écrire afin de ne pas rester sur un malentendu.»
Mais où est passé l’homme conquérant, l’homme sûr de lui ? Vous a-t-on tellement pourri la vie en général et par l’intermédiaire des sites de rencontre qu’aux premiers échanges avec le sexe féminin vous en perdiez toute votre belle assurance ? Quel est ou quels sont les processus qui vous ont amenés à penser que vous auriez peut-être dit ce qu’il ne fallait pas ? Que vous pourriez être rayé de la carte sans sommation ?
Vous a-t-on transformés au point que vous réagissiez de manière féminine ?
Cela devient à mon sens très compliqué. Les hommes étaient dans mon esprit des êtres conquérants avec qui je devais me battre pour participer à la conquête des mondes hostiles (au vu de mon Ego ultra développé, il n’y a que peu de place pour les mauviettes et avec mes alter Ego, il a toujours fallu batailler ferme pour avoir chacun un peu de place…) et non pas des êtres pleurnichards qui doutent.
Vous êtes en train de penser que j’ai beau jeu de penser cela alors que c’est moi qui suis sollicitée et vous êtes à deux doigts de penser que je pleurnicherais de mon côté si j’étais abandonnée lors d’une relation épistolaire. Que nenni ! J’avoue bien volontiers que je suis une femme bizarre et que quelque chose ne doit pas tourner bien rond chez moi… Mais lorsqu’un homme ne répond pas au quart de tour à mes mails ou qu’il cesse pour une certaine période, je me dis que soit il a eu un empêchement, soit je ne l’intéresse plus. S’il a eu un contre-temps, il me renverra un mail bientôt, s’il n’est plus intéressé par moi, hé bien, qu’il vaque à ses occupations et qu’il rencontre la perle qui fera basculer sa vie ! Le seul homme à qui j’ai fait une relance (deux semaines après le dernier mail) s’était envolé vers une relation naissante. Il y en a d’autres qui n’ont jamais répondu, d’autres à qui j’ai écrit qu’il n’y avait pas l’alchimie suffisante pour continuer…
Mais je n’ai jamais posé cette question récurrente et bien étrange « Suis-je toujours d’actualité» ? J’ai toujours supposé que tout le monde ne pouvait pas dégager une heure de son temps tous les jours pour m’écrire de longs mails littéraires truffés d’humour. Cela prend du temps à rédiger et je conçois que vous n’en ayez pas suffisamment tous les jours. Après tout, je ne suis à cet instant de la relation… Qu’un mirage, fruit de l’illusion et de l’illusion de proximité crée par les sites de rencontre…