Dans mon blog précédent, je me souviens que Philou avait remarqué que j’avais une certaine tendance à observer les gens, à décortiquer leurs comportements ; il avait même écrit en commentaire (je le plagie un peu ! Pardon !) que je donnais l’impression d’observer comme un scientifique dans un laboratoire. Mon but aujourd’hui n’est pas de faire une analyse comportementale de ma famille, je n’en ai pas la prétention, mais d’essayer de la décrire dans ses fonctionnements les plus intimes mais aussi les plus tordus.
Vous vous doutez que si ma famille était un modèle, il n’y aurait aucun intérêt à ce que cela soit décortiqué ou du moins, je n’y verrais aucun intérêt.
Une de mes étapes lors de mon périple estival a été chez mes parents, dans le lieu de mon enfance, au sein des origines familiales. J’ai passé deux jours et trois nuits chez mes parents, un record qui n’avait pas été atteint depuis octobre 2003… Je suis allée voir ma grand-mère, ma tante et mon oncle, ma belle-sœur et mon frère. Je n’ai pas fait beaucoup de kilométrage car les deux maisons les plus éloignées sont à moins de cinq cents mètres l’une de l’autre et il n’y a pas de personne extérieure à ma famille intercalée entre ces maisons.
Le premier soir, j’ai mangé chez mes parents : nous n’avons pas grand chose à nous raconter, le seul sujet de conversation a été mon nouveau travail et cela a été vite dit. Je me suis retirée dans ma chambre, ils ont regardé la télévision.
Le deuxième jour, j’ai passé un peu de temps avec ma mère qui m’a dit qu’une cousine allait venir la semaine prochaine (la cousine qui ne vient presque jamais, que je n’ai pas vue depuis un lustre, la même qui était il y a un mois chez mes parents et dont je n’ai appris la venue que la veille où elle partait… C.Q.F.D : je n’ai pas pu me rendre chez mes parents avant qu’elle ne reparte car je travaille et j’ai deux heures de trajet pour y aller…), je vais voir ma grand-mère, je vais faire les courses au village d’à côté (je suis obligée de manger un certain nombre de choses spéciales et comme par hasard, il n’y en a jamais chez mes parents, donc certaines fois, je suis très emm***** pour manger), je suis rentrée chez mes parents, j’ai fait à manger pour déjeuner, ensuite, je suis allée voir ma belle sœur, je ne l’ai vue que pendant très peu de temps car elle devait partir avec mon frère avec des amis, j’ai passé l’après midi chez mes parents, le soir, j’ai fait de nouveau à manger, j’ai partagé le repas avec mes parents, ils sont allés regarder la télévision, j’ai surfé sur Internet et j’ai lu.
Le troisième jour, je suis allée au marché avec ma grand-mère, j’ai mangé chez mes parents, j’ai passé du temps avec ma mère et mon père l’après midi, j’ai un peu vu mon frère en coup de vent, j’ai mangé avec eux le soir et je suis retournée chez ma grand-mère, j’ai passé la soirée avec mon oncle et ma tante et je suis rentrée me coucher.
Le lendemain matin, j’ai petit déjeuner et je suis partie dans le sud voir une amie que je n’avais pas vue depuis 2004 et qui parle néerlandais couramment, accessoirement, elle devait me donner quelques cours de langue.
Les sujets de conversation abordés avec mes parents n’ont pas tournés autour de grand chose, on n’a même pas parlé sport et vélo avec mon père cette fois-ci. J’ai demandé quelques éclaircissements à ma mère au sujet d’une lettre que ma marraine avait laissé juste avant de décéder. Cette lettre, j’en avais eu connaissance par ma belle soeur, celle-ci soutien que ma marraine écrivait que mon oncle avait une tendance à boire et que celui-ci « la battait ou battait ses filles ou la battait ainsi que ses filles lorsqu’il était alcoolisé» (je ne me souviens pas exactement de ce qu’a pu dire ma belle sœur car pour elle les choses sont éloignées et peu claires maintenant – ce que je conçois, car beaucoup de temps s’est écoulé et ce n’était pas non plus ses affaires). Ma mère m’a dit que ma tante avait fait un courrier qui donnait à mon oncle tous les numéros de comptes, échéances de prélèvements EDF, eau, crédit de la maison et rien de plus. Les versions diffèrent et ne se recoupent pas.
Ma mère a été également obligée de me dire que ma cousine viendrait la semaine prochaine car je l’ai compris au détour d’une conversation qu’elle avait avec mon père. Elle m’a expliqué qu’elle ne me l’avait pas dit car elle n’en était pas sûre. Lorsque j’ai vu ma belle sœur, je lui ai demandé si elle était au courant. Celle-ci le savait depuis son retour de vacances, ma mère le leur avait annoncé lorsqu’ils avaient dîné chez mes parents.
J’ai incidemment appris que ma belle sœur et mon frère avaient passé une semaine chez des amis à eux qui se trouvent à moins de cent kilomètres de là où j’habite… Le plus intéressant consiste dans le fait qu’ils sont passés très près de chez moi pour s’y rendre. Quand je le lui ai dit, elle m’a répondu : « Ha bon, t’y étais ?» . Bien sûr « Banane» ! J’habite chez moi jusqu’à la preuve du contraire !!!
a un moment donné j’ai demandé à ma belle sœur quel était le ronronnement que l’on entendait dans sa salle à manger. Elle pense que c’est le réfrigérateur, elle se dirige vers lui, écoute, n’entend rien. Force est de constater que le bruit doit provenir du seul autre appareil électrique de la pièce : l’aquarium. Je lui dis alors qu’elle doit être habituée au ronflement, car elle ne l’entend pas ; que ce genre de ronflement est un bruit que je ne supporterais pas chez moi : autant je peux dormir à côté d’une pendule ou du bruit de l’autoroute, autant un ronflement sourd et léger m’indispose. Voila tout !
On passe à un autre sujet de conversation, j’aborde le problème de couple de mes parents : ils semblent ne pas se supporter, mon père passe le plus de temps possible éloigné de chez eux, il se noie dans des activités diverses, il ne re-cadre pas ma mère, ne lui dit rien, la laisse faire pour avoir la paix. Un jour je l’ai vu en totale panique au sujet de l’ordinateur, il ne fallait pas que j’installe Mozilla Firefox pour naviguer sur Internet, que je bascule Internet Explorer en français et que je laisse le navigateur Orange car ma mère y était habitué et il ne voulait pas avoir de crise… (Basculer IE en français c’était pour aider, Firefox c’était pour moi et Orange je m’en balance ! Mais je ne veux pas surfer avec ce navigateur pourri !) Ma belle sœur m’a encore dit que mon père venait passer certains samedi matins chez eux quand il en avait gros sur la patate et que ma mère venait souvent discuter avec mon frère. Elle n’assiste pas aux conversations, car elle supporte assez moyennement la compagnie de ma mère et ses problèmes. Je suis intimement convaincue que ma mère est psychotique, névrosée et psychorigide (cela arrive aux gens bien, personne n’est à l’abri !) et je pense qu’elle devrait se faire aider soit par quelqu’un de la faculté, soit par un psychologue. Je pense également qu’elle devrait se remettre en question au lieu d’affirmer qu’elle n’a aucun problème et que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes : ce n’est pas en ignorant ses problèmes qu’on les règle, ce n’est pas en faisant attendre et pourrir les choses que celles-ci se résoudront facilement ! Bien au contraire ! Ma belle sœur a plusieurs reprises m’a dit qu’elle avait dit à ma mère de se faire aider par un psy ou un psychologue.
Je ne relate ici que les sujets de conversation qui tournent autour de ma mère et de ma belle sœur. Je ne les relate pas tous car j’y passerais les trois prochains jours et je ne pense pas que cela soit du plus grand intérêt et que cela maintienne votre attention de lecteur happé par Internet !
Quand je suis arrivée chez mon amie dans le Sud, j’appelle comme convenu mes parents pour leur dire que j’étais bien arrivée sans encombre, que je ne m’étais pas déshydratée sous le soleil. Je parle à mon père qui me dit que ma mère veut me parler. Soit ! Me voila embarquée dans une conversation surréaliste : « Qu’est-ce que tu as fait à ta belle soeur ? POUR QUOI ELLE EST DANS CET ÉTAT LA ?» Je ne lui ai rien fait qu’est-ce que c’est que cette histoire ?!!! « Elle est dans tous ces états ! TU VIENS CHEZ ELLE ET TU CRITIQUES.» Je critique quoi ?!!! « Tu critiques son intérieur, tu CRITIQUES l’aquarium.» Je tente de lui expliquer ce que je viens d’écrire plus haut. « Et puis c’est quoi , Il parait que je suis folle ? C’est ce que tu racontes PARTOUT.» Oui, je suis d’accord et je maintiens. « ET TU VEUX ME FAIRE ENFERMER…» Oui maman. Je maintiens ce que j’ai écris plus haut, je lui rappele que les psy ne sont pas fait pour des chiens et que quand on est resté bloqué sur une histoire (horrible je suis d’accord) depuis 1970, il faudrait faire quelque chose et songer à avancer sereinement. (J’ai omis de lui dire ce qu’en pensait ma belle sœur…) « Ton frère et ta belle sœur sont au bord du divorce à cause de toi et de tout ce que TU leur fait. TON père est à côté, il entend tout ce que je dis» (Je n’ai pas relevé. Bien sûr que je m’immisce dans leur vie de couple ! Je n’ai que cela à faire ! Et je ne lui ai pas dit que ma belle sœur vient pleurer sur mon épaule car mon frère passe tous ses dimanches au foot, qu’il ne l’aide pas assez à son goût pour la maison et tout le tintouin ! Même pas peur ! Mon père écoute ! Ca me fait une belle jambe ! Cela fait quelque temps que les menaces et le chantage affectif marche très peu sur moi ! Continuons !!!) « Ta belle sœur NE peut PAS se faire opérer à cause de toi, avec tout ce que TU leur fais, sa tension est à dix-sept.» Ah bon ? (Belle nouvelle ! D’après ce que ma belle sœur m’avait dit, ma mère n’est pas au courant qu’elle devait se faire opérer. Elle le lui cache car ma mère est docteur en médecine spécialisée dans Doctissimo, forum divers et Larousse médical de la famille, experte en diagnostic… Ect… Même le médecin de famille en rigole quand je vais le voir ! Elle connait toujours la maladie rare dont elle ou on souffre !) « Ses parents aussi sont remontés contre toi.» Première nouvelle et pourquoi ? » TU veux leur faire un procès» ???!!! Je veux leur faire un procès ?!!! « OUI. Tu as dit que tu ferais un procès pour la garde du petit si jamais ils venaient à décéder» Non, je n’ai jamais dit ça. Je leur ai simplement expliqué que si ils venaient à décéder que ce ne serait pas la marraine ou le parrain de baptême qui seraient le tuteur légal (je leur ai dit ça car ils m’ont sous-entendu – ou alors, j’ai l’esprit très mal tourné – que je serais toujours la tante mais que la marraine… Oui ? La marraine ? Je suis leur seule frère ou sœur, je le rappelle. Enfin, bref, ce n’est pas moi la marraine, mais au lieu de me le dire en face à face, j’ai reçu un mail laconique et pour explication, on l’a dit que j’étais intelligente et que j’étais capable de comprendre. J’aime quand on me prend pour une conne et que l’on n’a pas le cran ou le courage de dire ce que l’on pense…) mais que je serais désignée en premier par le juge car j’étais la seule personne de la famille de sang assez jeune pour offrir une durée de vie assez longue. Ce qui m’avait amené à leur expliquer cela était également le fait qu’elle me disait que ce serait ses parents à elle qui l’élèveraient. Mes parents ont des défauts, mais ils ne sont ni pires, ni meilleurs que les siens, alors pourquoi uniquement les siens ? J’ai remué le couteau dans la plaie, j’ai aime ! Au lieu de rester neutre cette fois-ci, j’en ai rajouté des couches ! Je leur ai indiqué que le plus sûr pour eux était d’établir dès à présent leur volonté, de faire soit un baptême civil, soit de faire un papier qui établirait de façon légale et non équivoque leur volonté. « De toutes façons, ils sont en train de faire le NÉCESSAIRE. Et tu sais maintenant pourquoi tu n’es pas la marraine…» Très bien, ils se prennent en charge ! Je sais depuis le début pourquoi je ne suis pas la marraine, cela ne tient pas au fait que je fasse quoi que ce soit, cela tient plutôt à ce que je suis. Je suis très contente d’ailleurs d’être ce que je suis, je suis bien droite dans mes baskets ! « Et puis je sais tout pour le blog. Je sais que tu n’es pas allée en Espagne cet hiver, que tu es allée aux États-Unis» Oui ! « Pourquoi TU nous a raconté ça ?» Parce qu’il y a toujours des histoires avec vous et c’est plus simple de raconter que je suis allée avec une copine plutôt que je sois partie avec un homme que je ne connaissais pas et qui cherchait une jolie fille pour l’accompagner pendant dix jours de vacances… « Et ta grand mère, elle n’est pas bien depuis cet hiver à cause de TOUT CE QUE TU FAIS. On ne raconte pas ses histoires de fesse à sa grand-mère, on ne raconte pas les détails de sa vie sexuelle.» Je ne lui ais pas raconté les détails et puis maintenant j’ai autre chose à faire, je dois sortir pour manger, ma copine est en face de moi elle m’attend. Une chose est sûre ma grand-mère est un peu flapie : elle voit comment les choses se déroulent, elle se fait du soucis pour moi, mais elle ne mesure pas à quel point je suis forte et rude au mal, elle voit toutes ses copines clamser les unes après les autres, devenir malades, dépendantes ou séniles. Elle se trouve dans le relatif isolement des personnes de la campagne qui n’ont pas toujours la compagnie des personnes de leur âge. Elle vit avec mon oncle et ma tante qui sont des personnes tout à fait charmantes et qui s’occupent d’elle selon ses besoins, mais ils ne sont pas de la compagnie la plus adaptée, ma tante a quasiment quarante ans de moins que ma grand-mère, il y a un certain fossé générationnel. « On ne va pas en rester là. Il faut régler tout ça avant que tu ne partes.» Je peux vous faciliter le travail, je peux partir dès à présent, cela ne me dérangera pas du tout. Décidez entre vous, je n’en ai rien à faire ! Il y a un moment où il faut arrêter de se battre contre des moulins à vents. Je n’ai pas franchement envie d’assister à ma « curée» ! De toutes façons, je ne vais pouvoir rien faire ni dire en face de vous, cela va être ma parole contre la votre, alors vu le nombre que vous êtes, je ne vais pas me fatiguer à vous répondre. Mdr ! » NON. Il faut s’expliquer.» Soit ! On va s’expliquer ! Je reprends rendez-vous chez un psychologue, je prépare mon plan de bataille ! Mais maintenant, je dois raccrocher, je dois aller manger, bonne soirée.
J’ai raccroché. Je n’allais pas passer toute la soirée à discuter sur du vent, j’en avais assez pris pour mon grade ! Et puis c’est moi qui paye le téléphone, alors ras le bol de passer pour la conne de service. J’ai des choses beaucoup plus intéressantes à faire de ma vie.
J’ai relaté jusqu’à présent une partie des sujets de conversation entre ma belle soeur et moi, une partie de la conversation téléphonique avec ma mère. Il y a en bien plus à relater, mais il me semble que ces nombreux exemples suffisent pour établir l’environnement.
Je stigmatise tous les soucis de ma famille. Toutes leurs névroses aussi. Je ne suis pas la personne la plus saine ou la plus recommandable du monde, mais je me rends compte que je suis la personne la plus saine, la plus solide sur ses bases au sein de ma cellule familiale proche.
Ma mère souffre d’une névrose issue d’un père qui la battait, qui s’acharnait intellectuellement sur elle, elle a subit ensuite un viol affreux. Il y a eu un procès, mais elle n’a jamais reçu d’aide spychologique, ce en quoi elle aurait eu droit. Elle a reporté dans un premier temps son mal être sur ma grand-mère qui était une personne forte, une meneuse d’homme et de famille, qui a su faire face à une belle-mère qui était très autoritaire.
Mon père a supporté tous les états d’âme de ma mère, toutes ses névroses, il a toujours travaillé, a eu une vie riche d’occupation.
Lorsque j’étais enfant, je cristallisait toute la haine de ma mère, toute sa rancœur sur ce qui lui était arrivé, sur sa vie malheureuse. Sa vie n’étais pas si misérable car elle a eu deux enfants, de quoi se nourrir et se chauffer, un homme qui l’aimait, un homme qui n’était pas toujours dans son dos, un homme qui lui a accordé une totale confiance, un homme qui l’a toujours soutenue. J’étais son bouc émissaire, j’étais sa bête noire. Mon développement affectif a été catastrophique. Mais j’ai survécu ! Comme quoi !!!
Le temps a passé, je suis partie un peu avant mes dix-huit ans, j’ai été un poids financier (Mais avec un seul salaire, on est vite un poids lorsque l’on coûte mille deux cents francs par mois en 1992. Je vous rassure, j’ai tout de suite travaillé ! Et au bout d’un an, j’étais quasiment indépendante financièrement… J’ai vite appris à apprécier la merde, la bouffe de merde, les boulots de merde ! Et l’indépendance que procure toute cette merde !).
Mon frère a fait des études (un BTS, réussi brillamment).
Mon frère a continué à vivre chez mes parents. Il a rencontré ma belle soeur il y a huit ans, ils ont vécu chez mes parents et chez ceux de ma belle sœur. Ils se sont mariés (je ne suis pas mariée… Pas bien ! Enfin, c’est ce qu’il me semble ! A cette époque, j’ai entendu vaguement qu’il valait mieux être mal accompagnée que seule !!!), ont continué à vivre chez mes parents. La cohabitation entre ma belle sœur est ma mère n’était pas simple pour aucune d’elle : elles ont toujours eu des choses à se reprocher.
Mon frère et ma belle sœur ont commencé à construire leur maison (à cent mètres de chez mes parents) et ils ont fini par aller habiter chez les parents de ma belle sœur. Les parents de ma belle sœur sont de braves gens, sympathiques, assez équilibrés d’après ce que j’en vois de l’extérieur. Ma belle sœur ne supportait plus la cohabitation avec ma mère, elle me répétait que dès la maison construite, elle se fermerait chez elle et elle verrait le moins possible ma mère. Ma mère ne passerait pas ses journées chez eux… Avec le recul ? Mdr !
La maison a fini par être construite, ils s’y sont installés. Ma belle sœur a passé du temps enfin chez elle ! On aurait pu penser que le fait de ne plus vivre ensemble aurait permis à ma belle sœur de se sentir plus libre et plus chez elle. Mais un problème résolu en amène, semble-t-il toujours un autre ! Elle était chez elle, mais ma mère venait discuter avec mon frère quand elle n’était pas là et ma mère amenait des choses à manger à mon frère (il travaille en horaires décalés et se retrouve des fois seul à manger le midi chez lui) alors qu’il est capable de se préparer à manger seul ou qu’elle lui a déjà préparé quelque chose. Ma mère s’immisce dans leur vie de couple. Soit !
ensuite ma mère a toujours des choses qui ne vont pas et elle vient les raconter à mon frère et cela lui pèse. Ma belle sœur le ressent…
Ma belle sœur quant à elle ne raconte pas tout à ma mère et évite soigneusement d’évoquer ses soucis de santé car elle ne veut pas que la diagnosticienne hors pair qu’est ma mère lui fasse part de ses conclusions. Ma belle soeur est également stressée ou peu épanouie par son travail ou les deux : il existe des rivalités dans son entreprise et elle n’est pas reconnue selon sa valeur, il faut dire qu’elle n’entretien pas de rapports très intimes avec son patron, donc cela ne l’aide pas, il faut qu’elle montre sa valeur brute.
Mon père est ensuite arrivé à la retraite et il vit donc beaucoup plus avec ma mère, il ne passe pas toutes ses journées au travail. il passe beaucoup de temps à l’extérieur mais beaucoup de temps également en présence de ma mère. Leurs rapports qui étaient déjà tendus le sont encore plus. Il vient apparemment se confier à mon frère (ma belle soeur ne m’en a pas dit plus car elle ne doit pas le savoir et mon frère ne se confie pas à moi, ni mon père d’ailleurs).
Mon frère et ma belle sœur ont eu un enfant. Pendant sa grossesse ma belle sœur disait que ma mère le verrait peu, qu’elle ne le garderait pas, qu’ils auraient une gardienne. Tout cela est fait. Mais ma mère se mêle toujours de trop de choses. Je ne vous dis pas uniquement ce que je vois, je relate également ce que l’on me raconte ! Et l’on sait bien sûr qu’il vaut mieux entendre l’original qu’une répétition approximative et hasardeuse…
Ma belle sœur a repris son emploi après son congé maternité et se trouve confrontée à la surcharge de travail que rencontre beaucoup de mère avec une enfant en bas âge. C’est ce que les magasines féminins appellent « Résoudre la quadrature du cercle» ! Tout un programme ! Mais une cruelle réalité également…
Donc, mon frère ne l’aide pas assez, ne fait pas assez de choses dans la maison et l’aide apparemment suffisamment sur un point, il s’occupe du chien. Il l’aide aussi un peu pour leur enfant, mais avant tout : il fait du foot, bricole dans le garage et s’occupe du chien. Il me semble aussi qu’il entretien l’extérieur… Je n’ai pas vu chez eux de tondeuse autoguidée… Je n’ai pas vu non plus le Génie de la lampe faire l’escalier extérieur en claquant des doigts. Mais bon, quand on est à bout, on ne voit que par le bout de la lorgnette…
Tout ce que je vous écris est écrit de mon point de vue bien sûr, j’essaye de rester le plus neutre possible. Je reste humaine, j’ai donc certainement écrit quelques bêtises.
Et moi au milieu de tout ça ?!!! Je n’ai pas coupé les ponts avec ma famille, je m’en suis simplement éloignée. J’ai suivi le conseil d’un psychiatre qui m’avait dit lorsque j’avais dix-sept ans, en présence de mes parents, de m’éloigner de ma mère car celle-ci était nocive pour moi. Je n’ai pas toujours suivi les conseils avisés que l’on m’avait donné, mais celui-là, je l’ai suivi et je continue à le suivre scrupuleusement. Je n’étais pas la seule dans cette pièce, mais je pense être la seule à me rappeler des termes employés. Quand on ne veut pas entendre, on est soudain atteint d’une maladie qui s’appelle « l’ouïe sélective» !
J’ai continué mon chemin bon an, mal an. Je n’ai pas pu me détacher pendant des années de cette emprise familiale et affective. J’ai fait beaucoup d’erreurs. Je me suis complue dans la position de la petite fille modèle qui tentait de faire tout son possible pour faire plaisir à ses parents, pour leur offrir une belle image d’elle. Je suis au contraire devenue un modèle d’anti-réussite, de non-réussite. Ce modèle que j’incarne ne me pèse pas. Je suis unique comme chacun d’entre nous, je suis moi tout simplement, je m’accepte enfin telle que je suis. Je sais d’où je viens, je sais quelles conneries et erreurs j’ai pu faire, je sais aussi quels succès, réussites j’ai eus. Je ne me complais pas dans le malheur de ma pauvre condition de femme de plus de trente ans célibataire, sans enfant, sans emploi stable, sans maison ou appartement, sans diplômes (juste le baccalauréat et un brevet professionnel). Ma vie n’a pas été spécialement dure et difficile ou simple et aisée, j’ai comme tout le monde des moments de réussite, de bonheur, de dépit, de joie, de partage, de merde. Je prends tout sur le même niveau ou du moins j’essaye de relativiser et d’avancer. Je me donne le droit de patiner, de patauger, de courir selon les moments, les opportunités, mes états d’âmes.
Maintenant que je risque d’accéder à la sécurité professionnelle, à l’opulence financière (3400 euros bruts par mois et le logement ce n’est pas rien !), ils se jettent tous sur moi comme la misère sur les pauvres gens. Ils cristallisent tout leur mal être sur moi et me rendent responsable de leurs névroses. Mais, je ne me sens nullement responsable de :
- l’hypertension de ma belle sœur ;
- le possible divorce de mon frère et de ma belle sœur ;
- le fait que mes parents ne s’entendent pas bien ;
- le fait que mes parents n’ont aucune communication au sein de leur couple ;
- le fait que ma belle sœur ne supporte pas ma mère ;
- le fait que ma mère tente de régir le ménage de ma belle sœur et de mon frère ;
- le fait que ma belle sœur me jalouse étant donné que je suis indépendante ;
- le fait que ma mère ne peux pas me voir sans me trouver des noises ;
- le fait que mon père ne dit jamais rien à ma mère ;
- le fait que mon père laisse les choses aller en attendant de voir et en espérant que cela n’empire pas ;
- le fait qu’ils sont tous de bonne fois et moi une grosse conne qui les fait ch*** !
Bref ! Au lieu de régler leurs problèmes ou de tenter de les régler, d’en discuter entre eux comme des personnes civilisées, leur solution est de voir ce qui cloche chez moi et d’accentuer mes défauts. Je ne suis pas toujours brillante, mais lorsque l’on vit en société et lorsque l’on est en famille, on devrait je pense faire preuve de plus de tolérance. Je ne suis pas la mère ni l’origine de tous les maux. Mais il est tellement facile de trouver un bouc émissaire plutôt que de se remettre en question…
Et ce courant de folie qui s’est emparé d’eux les amène à faire et à dire des choses qu’ils se sont toujours refusés à faire : ma mère se soucie au plus haut point de la santé de ma belle sœur, à croire qu’elles sont enfin devenues copines et intimes (c’est ce qui fallait leur souhaiter), ma belle sœur a dit des choses à ma mère qu’elle se refusait à lui dire (on sait tous que c’est la dernière des dernières, et patati patata !). et je rajoute que l’ on peut placer une confiance aveugle dans ma belle soeur : si on lui confie un secret, elle est une tombe !!!
Je pense que la prochaine étape va concerner mon côté cruel et sans cœur. Je commence a arriver à me détacher de tous ces coups bas, plus le temps passe, plus je deviens philosophe. J’arrive à prendre les choses calmement même si elles me touchent de près et j’arrive à garder mon calme et contenance. Je m’attends, lors de l’étape de la curée à ce que l’on m’accuse d’être :
- une salope : je couche avec des partenaires multiples ;
- une harpie : je suis une grande hystérique qui souhaite faire du mal à tous ;
- une personne seule : je ne suis pas seule, je suis un peu solitaire et j’arrive très bien à vivre avec moi-même sans déprimer ou sombrer dans la dépression la plus noire ;
- une personne fière : puisque je n’ai pas de regrets sur ce que je fais et que j’assume, cela sera perçu par mon père comme de la fierté mal placée ;
- une sans cœur : je ne vais pas leur faire le plaisir de pleurer non plus… ils me gonflent tellement, que j’en arrive à me détacher encore plus ;
- une égoïste : c’est bien connu que je ne pense qu’à moi ;
- une égocentrique : en général, c’est le terme qui vient puisque je vais dire de temps en temps : « J’ai dit, j’ai fait, je…» , de toutes façons, la Terre entière tourne autour de ma petite personne ;
- une sans-gêne : j’étale ma vie au grand jour, à des gens que je ne connais pas, sur Internet (le sacrilège le plus odieux !) alors que je ne leur dit jamais rien – pour faire court, je me demande ce qui les intéresse de ma vie car je ne reçois jamais de mail, de carte, de courrier, de SMS ou d’appel téléphonique de ma famille (à part ma grand-mère, ou quand je fais le premier pas) ;
- une ingrate : hé oui ! J’oublie très souvent toutes les belles choses qu’ils ont fait pour moi (heureusement ! Sinon, je ne vous parle pas de l’ulcère que j’aurais !!!) ;
- une personne que personne n’aime – bé voui ! Je suis célibataire … ;
- une incapable de mener une histoire sentimentale à bien : je me sauve quand il n’y a plus rien à tenter – mon plus grave défaut a été de m’acharner avec des minables lorsqu’il n’avait rien à y faire et de quitter Xavier qui est un homme bien, équilibré, issu d’une famille unie et qui a des parents adorables.
Et le top du top ! Je suis un problème pour eux ! Heureusement que je n’ai pas douze ans, sinon, ils me diraient d’un air consterné « Mais qu’est-ce qu’on va bien pouvoir faire de toi ?» .
J’avoue bien volontiers que je ne suis pas toute blanche : la seule chose que j’ai faite et qui n’était peut-être pas à faire était de penser à aider mes parents. Ils m’ont bien assez démontré au bout de toutes ces années que je suis une petite fille et tout le monde sait que les petites filles ne doivent pas se mêler de ce qui ne les concerne pas. Dorénavant, je resterais en dehors de la vie de couple de mes parents : si mon père fait une crise cardiaque, il n’aura qu’a s’en prendre à lui même et ma mère n’aura qu’à s’en prendre à elle même. Je ne dirais pas avec l’air victorieuse « Je vous l’avais bien dit» , je me contenterais de ne rien dire et de ne rien penser, cela ne me concerne pas.
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