Il y a des moments où l’on en a un peu marre, où l’on fatigue un peu malgré l’énergie qui est toujours là… En ce moment, je fatigue ! Au sens propre comme au sens figuré !
Ma période d’essai s’achève dans un mois, presqu’un mois jour pour jour. Si cela venait à mal se passer, si cela venait à se conclure par « Michele, nous arrêtons là.» , ma décision est prise, cela fait longtemps, j’en avais parlé ICI. Mais si cela continue, à moi les belles perspectives d’avenir, à moi les projets, à moi la construction d’une vie un peu organisée, plantée quelque part à Paris, mais plantée définitivement.
Je travaille depuis l’âge de quinze ans, cela a commencé par des petits boulots, ensuite, cela a été des jobs étudiants que je faisais à l’année, ensuite je suis partie en apprentissage, plus tard en saison, je me suis expatriée, je suis revenue pour enchaîner les CDD, les missions d’intérim, plus tard, on m’a proposé un CDI, j’ai sauté sur l’occasion, mon patron est parti en longue maladie, les personnes qui l’on remplacé m’ont conduite vers la porte, j’ai recommencé les CDD, les missions d’intérim, je suis partie en formation et pendant cette formation l’on m’a proposé le job pour lequel je suis repartie à l’expatriation. Plus de seize année à cotiser à l’URSSAF et je ne sais toujours pas de quoi demain sera fait. Il ne faut pas que je me plaigne, ma meilleure amie quant à elle, a quinze années de cotisations et toujours pas une seule proposition de CDI à son actif…
Les différents emplois que j’ai occupé m’ont permis de rencontrer du monde et de visiter du pays… J’ai vécu depuis que j’ai quitté le domicile de mes parents dans huit villes. Huit villes en dix-sept ans, vous voyez ce que cela donne en terme de projets à long terme et ce que cela peut vouloir signifier en terme de vie sociale et affective… Construire dans ces conditions là est très difficile. Rencontrer des amis, rencontrer de potentiels compagnons est une gageure. Et que dire de la société, de la famille ?
La société vous trouve instable et ne comprend pas que vous vous êtes seulement rendue dans les lieux où on vous proposait un emploi, j’ai quand même passé plus de cinq ans dans un des lieux les plus déserts qui soient en France, ce n’était pas le Larzac, mais peu s’en fallait !
La famille vous trouve aussi instable et incapable de vous attacher. Mon papa, dans la carte de voeux qu’il m’a fait parvenir par mail, me souhaitait entre autre de rencontrer un fiancé. C’est très mignon de sa part. Il n’imagine pas à quel point, je préfèrerais un mari. Entre nous, je n’ai que faire du mariage et lorsque j’écris le mot mari, j’entends plutôt « un compagnon durable, solide, qui s’engage et qui arrive à me supporter jusqu’à ce que… Jusqu’à ce que… Et puis non ! Je rêve quelque part de finir ma vie dans les bras du même homme, fidèles de cœur et d’esprit. La fidélité corporelle me touche autant que le mariage…
Donc, en ce moment, je fatigue au sens propre comme au sens figuré ! Je ne sais pas à quelle sauce je serais mangée, je ne sais pas de quoi ma vie sera faite dans un mois. J’espère seulement que je serais définitivement ancrée dans le CDI que j’occupe, que j’aurais une petite idée de quand est-ce que je reviens en France et j’espère aussi secrètement que cela colle avec le jeune homme dont je vous avais parlé ICI. J’avais été dure à son encontre, je l’ai revu le week-end dernier, je lui ai fait piquer le fard de l’année en évoquant l’annonce que j’avais trouvée sur Internet et il s’est révélé charmant.
C’est le seul homme que j’ai rencontré au cours de cette année qui ne soit pas cassé, qui soit sain, qui soit prêt pour une nouvelle aventure sentimentale, qui ai envie de s’engager, de s’engager non pas à la légère, ou de s’engager pour se rassurer, se reconstruire ou avancer, s’engager tout simplement car s’engager sentimentalement avec quelqu’un fait partie des choses normales que font les êtres humains normaux. D’ailleurs, j’ai un mail de sa part qui attend depuis deux jours que je lui réponde, mais devant une telle finesse et une telle subtilité, je me demande comment m’y prendre pour faire une réponse convenable…. Ha ! Que ma vie est dure !
Hello,
J’espère pour toi que tu auras une réponse favorable concernant la fin de ta période d’essai, pour que tu puisses mieux t’organiser, te poser.
Tu as l’air d’avoir trouvé un homme qui pourrait te convenir, il faut que tu fasses une réponse qui corresponde bien à ce que tu penses, à ce que tu désires. Il est vrai que certains mots peuvent être blessant, selon comment on les reçoit. Le sens des mots qu’on écrit n’est parfois pas le même que le lecteur perçoit. Surtout pour ceux qui lisent entre les lignes il y a parfois des malentendus à cause de cela. Je pense qu’il faut être simple dans le texte, franche et explicite.
Ce qui est certain, il faut que tu fasses une réponse !
Bon courage.
Bises
Djack
Moi aussi, je l’attends cette réponse favorable…
J’ai eu le gérant aujourd’hui qui m’a demandé pourquoi je n’avais pas renvoyé mon questionnaire de santé pour la mutuelle… Hé bin ! Ca fait longtemps que vous l’avez envoyé ? Un mois et demi… Et à quelle adresse ? Au siège. Normal que je ne l’ai pas reçu, ils ne savaient pas qui j’étais… Hé bien, je vous le renvoie.
Alors, comment savoir ?!!! Entre la soufflée que je me suis prise il y a dix jours et la pression mise sur moi et le gérant qui se demande où est passé mon questionnaire de santé…
Bref ! Rien de solide, rien de sûr, rien d’acquis… Que du flou comme d’habitude !
En ce qui concerne l’homme qui pourrait me convenir, j’ai fini par lui faire une réponse ce week-end. Je me suis pas trop mal débrouillée, je n’ai rien dit de plus que ce qu’il m’écrivait car c’était l’exact reflet de ce que je pense et il avait mis en forme une bonne partie de la discussion que nous avions eu il y a huit jours… J’ai juste rebondit sur les deux fois où il abordait le sujet de façon plus personnelle, je lui ai juste fait remarquer qu’il éludait lui-même le sujet qu’il abordait lorsqu’il abordait justement le sujet de façon plus personnelle.
Et nous avons convenu d’un rendez-vous samedi soir, dimanche matin, dimanche midi et dimanche après-midi. A la manière d’un homme de loi, il m’avait proposé toutes les solutions et la logique permettait d’accepter toutes les réponses… J’ai utilisé la logique à fond ! Maintenant, il ne me reste plus qu’à choisir le programme :entre trois films au ciné, deux pièces de théâtre, un spectacle, danser… et deux restaurants…
Il fait repeindre son appartement cette semaine, espérons que les vapeurs de peinture ne seront pas insoutenables au point que nous ne puissions prendre un dernier verre chez lui !
Je t’embrasse.
Cette nouvelle ne me concerne pas mais je tenais à vous la faire partager (…) commencer à travailler à l’âge de 15 ans ne permet pas de décrocher un CDI.